L’ANSM approuve le premier virus tueur de cancer

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) vient de donner un avis favorable à l’utilisation d’un virus pour s’attaquer aux formes avancées du cancer de la peau ou mélanome.

Quand on parle de traitement dans le cadre du cancer, on pense surtout aux effets indésirables causés par celui-ci. Actuellement, la médecine moderne utilise surtout le fait que les cellules cancéreuses soient plus vulnérables que les cellules saines vis-à-vis de la radiothérapie et la chimiothérapie. Les cellules malignes présentent, en effet, un métabolisme plus intense et se divisent plus rapidement que les cellules saines. Ce critère de discrimination entre les cellules n’étant pas assez précis, il apparaissait alors crucial de pouvoir cibler spécialement les cellules cancéreuses. C’est finalement ce qui est rendu possible et approuvé par l’ANSM. Le virus répondant au nom de talimogene laherparepvec (T-VEC, Nom commercial : Imlygic) serait capable de détecter les cellules cancéreuses et les détruire dans le cadre de cancer de la peau avancés.

Un virus qui profite de la tombée des barrières anti-virus des cellules

Depuis des années déjà, les chercheurs croient en l’utilisation des virus contre le cancer. La dérégulation de la croissance cellulaire, nous sert de marqueur pour les cellules cancéreuses et parmi les dérèglements que subissent ces dernières apparait l’annulation des défenses contre les virus. Pouvoir manipuler un virus, capable de « tuer » les cellules malignes, a été le défi relevé par la société de biotechnologie Amgen. 

Imlygic est en fait un virus de l’herpès que l’on qualifie alors d’oncolytique, c’est à dire que pour les besoins du traitement anti-cancer, le code génétique du virus a été significativement modifié pour le rendre inoffensif vis-à-vis des cellules saines. Le virus est injecté dans les lésions de mélanomes, envahit alors les cellules cancéreuses, les conduisant à la mort. Enfin, il a été noté que le virus obligeait les cellules à produire une protéine particulière la GM-CSF ayant pour effet de booster le système immunitaire. Ce qui reste à démontrer à l’heure actuelle est la part que joue le virus seul sur le cancer et celle des cellules immunes stimulées.

Des effets modérés pour un coût élevé

L’utilisation de l’Imlygic ne guérira pas instantanément du cancer de la peau malgré ce que l’on peut croire à la lecture de telles affirmations. Dans une étude clinique regroupant 436 patients atteints de formes avancées de mélanome, le virus a permis d’étendre la durée de vie des patients d’une moyenne de 4,4 mois. Le résultat n’est donc pas aussi extraordinaire que l’on voudrait, cependant les médecins pensent qu’associé à d’autres traitements, le virus pourrait avoir un effet plus retentissant. Notons que pour ce court allongement de la durée de vie, les patients devront en moyenne débourser la somme de 65 000 $, au moins pour le moment.

Le recours au traitement viral est surtout une belle preuve de concept : la biotechnologie nous permet aujourd’hui d’espérer utiliser des virus pour éradiquer une maladie contre laquelle nous sommes souvent démunis.

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Écrit par Emmanuel FELOUZIS

Sources : http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Avis-favorable-pour-une-AMM-d-immunotherapie-dans-le-melanome-retour-sur-la-reunion-d-octobre-2015-du-CHMP-Point-d-Information

http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm469571.htm

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