L’OMS met un frein au premier vaccin contre le paludisme

L’organisation mondiale de la santé a décidé de retarder l’utilisation à grande échelle du premier vaccin destiné à prévenir le paludisme.

Le paludisme (aussi appelé « malaria ») tuerait près d’un demi million d’enfants de moins de 5 ans sur le continent africain. Cette maladie est due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques femelles infectés. Les symptômes apparaissent alors dans les sept jours voire plus (10 à 15 jours) après la piqûre de moustique infectante selon l’Organisation Mondiale de la Santé ou OMS . On note alors de la fièvre, des maux de tête, des frissons et des vomissements pouvant être modérés et donc difficiles à attribuer au paludisme.

Des résultats bien trop limités selon l’organisation

En avril dernier, les résultats d’un essai clinique de grande ampleur d’un vaccin dénommé RTS,S fabriqué par GlaxoSmithKline (GSK) ont pu montrer qu’une vaccination réalisée à l’aide de trois doses, suivies d’un rappel (18 mois plus tard) chez des enfants de plus de 5 ans, réduisait de 36% la proportion de malades. Ce chiffre s’élevait à 26% pour une vaccination chez les jeunes nourrissons vaccinés suivant le même procédé.

Ces résultats ont été jugés trop limités par l’OMS pour justifier d’une utilisation du produit à grande échelle. Il avait été envisagé d’utiliser le vaccin en complément d’autres mesures pour lutter contre la maladie. Dans les sept pays africains où s’est déroulé l’essai, il a été par exemple fourni des moustiquaires traitées à l’insecticide mais aussi des diagnostics rapides et des traitements pour lutter contre la maladie.

L’organisation préconise alors l’essai du vaccin dans des lieux stratégiques restreints où la transmission de la maladie est importante, là où les moustiques sont difficilement maîtrisables et où les moustiquaires ne suffisent pas. Au mois de juillet, l’Agence européenne du médicament (EMA) avait indiqué que le vaccin de GSK pouvait être rentable en particulier dans ces régions.

Une piqure de rappel indispensable

Un problème majeur a été soulevé par l’OMS. En effet, les enfants n’ayant pas reçu le rappel à 18 mois risquent de contracter un paludisme sévère dans les deux ans en comparaison avec des enfants n’ayant jamais reçu le vaccin. L’hypothèse énoncée serait que les enfants non-vaccinés aient renforcés leur immunité face à la maladie lors d’épisodes de celle-ci, alors que les enfants ayant reçu le vaccin verraient leurs taux d’anticorps ,contre la maladie, diminuer dans la période précédant le rappel. Ainsi, il est important pour les pays qui décideraient de vacciner les jeunes enfants d’être en mesure de réaliser la piqûre de rappel qui apparait comme essentielle sous peine de faire courir un risque à ces derniers.

GSK s’est quand même dit prêt à coopérer avec l’OMS pour mettre en place des vaccinations  pilotes qui pourraient permettre d’améliorer la façon d’administrer le vaccin.

Retrouvez Sens & Science sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter

Écrit par Emmanuel FELOUZIS

Sources :

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/

http://www.malariavaccine.org/rd-rtss.php

http://www.scientificamerican.com/article/world-s-first-malaria-vaccine-delayed-as-who-experts-urge-caution/

Publicités

Étaler sa science...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s