Votre ADN s’adapte à la saison

Certaines maladies deviennent plus difficiles à supporter en hiver qu’en été, on pense notamment à l’arthrose. Des chercheurs ont découvert que nos gènes s’expriment différemment en hiver et en été, apportant des éléments nouveaux pour comprendre le phénomène.

Vous ne changez pas uniquement vos vêtements d’hiver ou d’été lorsque le soleil ou le froid pointe le bout de son nez, en effet, il semblerait que vous troqueriez également vos « gènes d’hiver » pour des « gênes d’été » et inversement.

Une collection Automne/Hiver et Printemps/Eté

Une étude menée par une équipe britannique et parue dans le journal Nature communication montre que plus d’un quart de nos gènes sont concernés par le changement de saison : certains sont plus exprimés en hiver qu’en été et inversement.

Toutefois, les chercheurs vont plus loin dans la découverte en montrant que la présence de cellules immunitaires varie dans le sang et le tissu adipeux selon la saison. Ces éléments contribueraient à comprendre pourquoi certaines maladies sont plus difficiles à supporter en hiver qu’en été, ce ne serait pas juste à cause du froid mais également génétique.

Afin d’arriver à de tels conclusions, le professeur Todd et ses collègues ont analysés la composition cellulaire d’échantillons sanguins et de tissu adipeux provenant de plus de 16 000 personnes, originaires de l’hémisphère nord et sud. Ils notent que sur 22 822 gènes identifiés dans les échantillons, 5 136 ont une expression différente selon la période où l’échantillon a été prélevé, de plus, le type de cellules immunes retrouvé diffère. Ces observations ont été faites quelle que soit l’origine de l’échantillon, pourtant les échantillons islandais ne présentaient pas une différence très marquée, sans doute à cause des conditions particulières en Islande : 24h de jour en été et 24h de nuit complète en hiver.

Sur des échantillons originaires de Gambie, les chercheurs ont remarqué une recrudescence de cellules immunitaires aux alentours de la saison des pluies durant laquelle la malaria frappe durement le pays.

L’inflammation régulée par ces modifications

Un gène a particulièrement attiré l’attention des scientifiques : le gène ARNTL. Chez la souris, ce gène est connu comme un suppresseur de l’inflammation, le processus de lutte naturel du corps contre l’agression. Rappelons qu’une forte inflammation chronique est néfaste pour l’organisme. L’expression de ce gène est faible en hiver, permettant alors des réactions inflammatoires exacerbées et faiblement limitées à cette période, en supposant que le rôle de ce gène chez l’Homme est le même que chez le rongeur.

Enfin, un dernier point et non des moindres, les gènes associés à la réponse suite à la vaccination sont plus exprimés en hiver, ainsi il semblerait que la vaccination en période d’hiver serait plus efficace qu’en été.

Ces résultats amènent alors une nouveauté faisant avancer notre compréhension du système immunitaire et son adaptation à l’environnement. On pourrait alors imaginer alléger les douleurs qui resurgissent à chaque saison pour certains patients.

Ecrit par Emmanuel FELOUZIS

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Source : Widespread seasonal gene expression reveals annual differences in human immunity and physiology, John Todd, et al., Nature Communications, doi: 10.1038/ncomms8000, published online 12 May 2015.

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