Nos gènes ne sont pas tous issus de nos ancêtres

Les scientifiques sont en possession d’éléments pour affirmer que le processus d’évolution des espèces est peut être encore plus délicat que décrit généralement. Dans le journal scientifique Genome Biology, une équipe de recherche affirme avoir repéré des gènes ayant été introduits par des micro-organismes dans le génome humain ainsi que dans celui d’autres animaux durant l’histoire évolutive.

Des gènes étrangers peuvent s’incorporer dans le génome des animaux

Une nouvelle étude menée au sein de l’université de Cambridge au Royaume-Uni suggère que des gènes « étrangers » peuvent se greffer au génome de l’Homme et d’autres animaux. Ce transfert est réalisé par des micro-organismes qui cohabitent dans le même environnement que l’espèce en question.

L’étude montre que cet événement a eu lieu dans le passé évolutif et va même plus loin en affirmant que chez certaines espèces, ce transfert de gène se produirait encore.

Il faut tout de même savoir que ce que les scientifiques surnomme le « transfert horizontal » de gènes n’est pas un concept nouveau. Des indices nous mènent déjà vers l’existence du phénomène, par exemple, l’acquisition de la résistance à certains antibiotiques. En effet, les bactéries sont connues pour porter des gènes leur conférant cet avantage.

Pour l’anecdote, les vers Nématodes, de ravissantes créatures soit-dit en passant, sont capables de digérer les baies de café grâce à des enzymes particuliers codés par de gènes gracieusement offerts par les bactéries au cours de l’histoire évolutive.

Près de 145 gènes « humains » acquis par d’autres espèces

L’étude dont il est question reposait sur le génome de quatre espèces de Nématodes justement, douze espèces de drosophiles et dix espèces de primates dont l’Homme évidemment.

L’équipe a comparé la qualité des gènes qui se ressemblent entre ces espèces dans le but d’estimer si les gènes provenaient ou non de la même espèce initialement ainsi que pour dater le moment de l’acquisition de ces derniers.

Ces travaux ont permis de conclure que 17 gènes connus chez l’Homme ont été acquis par transfert horizontal mais surtout de découvrir 128 gènes inconnus jusqu’à lors qui aurait été transmis par le même phénomène. Parmi les gènes cités par l’article scientifique, le gène ABO, celui qui détermine le groupe sanguin. Le reste des gènes seraient impliqués dans le métabolisme.

La bactérie, généreux donneur de gènes

Bien entendu, les chercheurs ne se sont pas arrêté là et ont poursuivis leurs investigations pour trouver le responsable de ces transferts. Sans surprise, la bactérie a été désignée comme plus grand donneur ainsi qu’un autre type de micro-organisme appelé « protiste », enfin les champignons mais aussi les virus ont mis la main à la pâte pour céder plus de 50 gènes aux primates.

Ainsi, il est important aux vues de telles conclusions de repenser l’évolution car nous le savons maintenant, nous sommes tous en partie bactérie.

Ecrit par Emmanuel FELOUZIS

Article source : Expression of multiple horizontally acquired genes is a hallmark of both vertebrate and invertebrate genomes, Alastair Crisp et al., Genome Biol., published online 13 March 2015, doi:10.1186/s13059-015-0607-3.

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